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PsychoTrauma d'enfance : comment les blessures précoces fragilisent la confiance en soi.

  • Bénédicte Dussy
  • 4 nov.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours


photo en noir et blanc d'une petite fille triste, sa tete posée sur ses bras, croisée sur la table

Qu’appelle-t-on un psychotrauma dans l’enfance ?

Il arrive qu’un adulte dise : « Je n’ai pas vécu de choses graves, et pourtant je manque de confiance, je doute de moi, je me sens fragile à l’intérieur. »



Souvent, derrière cette impression diffuse, se cache une blessure ancienne — un trauma d’enfance.


Pas nécessairement spectaculaire, mais profondément marquante.


Qu’est-ce qu’un psychotrauma dans l’enfance ?


Le mot trauma vient du grec traûma, signifiant blessure. Dans le champ psychique, il désigne une expérience qui dépasse la capacité de l’enfant à comprendre ou à se protéger.

Le trauma ne se limite pas à l’événement lui-même : il réside surtout dans ce qui n’a pas pu être dit, compris ou accueilli. C’est une rupture entre ce que l’enfant vit et ce qu’il peut ressentir ou symboliser. L’énergie émotionnelle reste bloquée, faute d’avoir pu être exprimée ou contenue.


 Les deux grandes formes de psychotrauma :


>> Les psychotraumas visibles (T)

Ce sont les événements clairement identifiables :

  • violences physiques ou sexuelles,

  • humiliations répétées,

  • deuils ou abandons,

  • exposition à la violence conjugale,

  • maladies, accidents, situations de guerre.


Il suffit parfois d’un seul événement pour créer un psychotraumatisme.Le cerveau de l’enfant, submergé par l’intensité, libère une décharge massive de cortisol et d’adrénaline.L’excès devient neurotoxique : pour survivre, le système nerveux déconnecte les émotions. C’est le mécanisme de dissociation psychique.

Ce court-circuit protège l’enfant, mais il a un prix : la scène reste gelée dans la mémoire traumatique, une mémoire émotionnelle et sensorielle non intégrée. À la différence de la mémoire autobiographique, elle ne raconte rien : elle revient.Une odeur, une voix, un visage peuvent réactiver la sidération et replonger la personne dans un état d’angoisse incompréhensible.

Souvent, l’enfant dissocié se construit autour d’un faux self, une personnalité d’adaptation destinée à masquer la vulnérabilité. Il grandit en se coupant de son ressenti, tout en portant en lui la trace du trauma


>> Les psychotraumas invisibles (t)

Moins spectaculaires mais tout aussi destructeurs, ils naissent dans des contextes où les besoins affectifs fondamentaux n’ont pas été accueillis :

  • devoir être « fort », « sage » ou « parfait » pour être aimé,

  • ne pas être entendu, consolé, cru,

  • vivre dans un climat instable, dépressif ou indifférent,

  • porter les émotions d’un parent défaillant.


L’enfant apprend alors à se couper de lui-même pour préserver le lien. Il devient celui ou celle qu’on attend, au détriment de ce qu’il ressent. Ce mécanisme, protecteur dans l’enfance, devient source d’épuisement et de perte d’identité à l’âge adulte.



Comment ces psychotraumatismes altèrent la confiance en soi ?


La confiance en soi repose sur deux fondations essentielles :

  1. Je suis en sécurité.

  2. Ce que je ressens a de la valeur.


Quand ces piliers manquent, l’enfant développe des stratégies de survie : se suradapter, se taire, observer, anticiper les besoins des autres. Ces stratégies deviennent des schémas relationnels persistants :

  • peur de décevoir ou de déranger,

  • difficulté à s’affirmer,

  • syndrome de l’imposteur,

  • besoin constant d’approbation,

  • culpabilité à exister pour soi.


Ce ne sont pas des faiblesses mais les traces d’un système nerveux qui a appris à survivre plutôt qu’à s’exprimer. Sous l’apparente confiance, beaucoup d’adultes portent encore l’enfant qui a dû taire sa peur, sa colère ou sa tristesse.



Restaurer la confiance : un travail de réparation intérieure.


Retrouver confiance en soi consiste à se réhabiliter. C’est un travail de réconciliation avec l’enfant qu’on a été : reconnaître la blessure, lui redonner sens et légitimité. La thérapie permet de réintégrer ce qui a été dissocié, c'est à dire: le corps, les émotions, la parole, pour retrouver une cohérence intérieure.

La confiance renaît lorsque la honte cède la place à la compréhension, lorsque l’adulte en soi peut dire à l’enfant intérieur :

« Ce que tu as vécu était douloureux. Ta peine est légitime, tu n’as plus besoin de te cacher pour exister. »

Reconnaître ses blessures d’enfance, ce n’est pas s’enfermer dans le passé : c’est se réconcilier avec son humanité, sortir du mode survie et réapprendre à se sentir vivant·e, légitime et digne.

Bénédicte Dussy.


Pour aller plus loin :

Le trauma d’enfance est un champ de recherche vaste, à la croisée de la neurobiologie, de la psychologie et de la psychothérapie.Pour approfondir, voici quelques références essentielles qui éclairent la compréhension du psychotraumatisme et de ses effets sur la confiance en soi :


Dr Gabor Maté — Quand le corps dit non : le stress qui nous tue

Un ouvrage de référence sur le lien entre les traumas précoces, le stress chronique et les maladies psychosomatiques. Gabor Maté montre comment la déconnexion émotionnelle, apprise dès l’enfance, influence la santé physique et psychique de l’adulte.


Dr Muriel Salmona — Le livre noir des violences sexuelles

Psychiatre et spécialiste du psychotrauma, Muriel Salmona décrit avec précision les mécanismes de la mémoire traumatique et de la dissociation. Une lecture essentielle pour comprendre les effets neurobiologiques des violences et les chemins de réparation.


Dr Bessel van der Kolk — Le corps n’oublie rien (The Body Keeps the Score)

Un classique mondial sur la trace corporelle du trauma. Bessel Van der Kolk explore comment les expériences traumatiques s’inscrivent dans le système nerveux et comment les approches corporelles, la pleine conscience et les thérapies intégratives permettent la réintégration du vécu.



 
 
 

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