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Sortir du figement : comprendre la réponse neuropsychique au trauma.

  • Bénédicte Dussy
  • 12 nov.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 heures


Le figement comme stratégie de survie.


Face à une menace extrême, l’organisme humain déploie une hiérarchie de réponses : lutte, fuite, puis inhibition. Lorsque ni la fuite ni l’action ne sont possibles, le système nerveux bascule dans un état de sidération neurovégétative : le corps se fige, la conscience se rétracte.

Ce mécanisme, décrit (entre autre) par Stephen Porges dans la théorie polyvagale, repose sur l’activation du nerf vague dorsal, qui ralentit les fonctions vitales pour préserver l’intégrité du sujet.

À court terme, ce figement protège. Mais lorsqu’il persiste après la disparition du danger, il devient un verrou psychique : le corps reste bloqué dans une réponse de survie qui n’a plus lieu d’être.



Les marqueurs du figement chronique.


Le figement se reconnaît à plusieurs niveaux :

  • Sur le plan corporel : hypotonie, respiration restreinte, anesthésie sensorielle, fatigue sans cause apparente.

  • Sur le plan émotionnel : absence de ressenti, impression de vide ou d’irréalité, difficulté à pleurer ou à se réjouir.

  • Sur le plan cognitif : ralentissement, perte de concentration, amnésies partielles, sentiment d’être “hors de soi”.


Ces symptômes ne relèvent pas d’un déficit de volonté mais d’un état neurophysiologique de protection prolongée. Le cortex préfrontal, siège de la pensée rationnelle, se désengage, tandis que le système limbique et les structures du tronc cérébral continuent de fonctionner en mode défensif.



La logique adaptative du figement.


Le figement n’est pas une pathologie mais une réponse adaptative devenue inappropriée. Il traduit une incapacité temporaire du système nerveux à différencier passé et présent. Le corps réagit comme si le danger était toujours là.

Reconnaître ce mécanisme, c’est redonner sens à une expérience souvent vécue comme de la paresse, de la dépression ou un échec personnel. Le figement n’est pas un signe de faiblesse : c’est la trace d’une intelligence de survie.



Les axes de sortie du figement.


1. Réactiver la régulation corporelle

La libération du figement passe d’abord par le corps. Les approches psychocorporelles (Somatic Experiencing, respiration, mouvements doux, ancrages sensoriels) visent à restaurer la mobilité interne et à relancer la circulation énergétique. Le but n’est pas la performance mais la reconnexion progressive à la sensation.


2. Donner sens à la réaction

L’hypnose légère (dans certaines conditions), la PNL ou les approches symboliques permettent d’explorer l’expérience figée sans la revivre. Ce qui est sécurisant. Mettre des mots sur l’incompréhensible favorise la réintégration mnésique : le sujet retrouve la continuité entre l’événement, l’émotion et la pensée.


3. Retisser la sécurité relationnelle

La présence stable du thérapeute agit comme un co-régulateur du système nerveux autonome. Dans un lien non menaçant, le corps apprend qu’il peut s’apaiser sans se dissocier. Cette expérience répétée de sécurité relationnelle réinitialise la boucle neurobiologique de la confiance.



Du gel à l’élan vital.


La sortie du figement est un processus graduel. Elle se manifeste par des micro-signes : respiration plus ample, retour du mouvement spontané, montée d’émotions jusque-là absentes. Ces signaux traduisent une reconnexion progressive au vivant.

Le passage du gel à l’élan est le signe que le système nerveux retrouve sa capacité d’alternance entre activation et repos, ce que Dan Siegel appelle la flexibilité intégrative.



Retrouver la fluidité du vivant.

Sortir du figement, c’est rétablir le dialogue entre le corps, l’émotion et la conscience. Ce processus n’exige pas d’effort volontaire mais de la lenteur, de la régularité et un cadre thérapeutique sûr.

Le figement, loin d’être un dysfonctionnement, témoigne d’une tentative de survie réussie.

Le comprendre, c’est déjà commencer à s’en libérer.


   Bénédicte Dussy.


Pour aller plus loin :

Ces auteurs approfondissent la compréhension du figement, du trauma et du lien entre corps, émotions et santé globale :


·       Stephen W. Porges — The Polyvagal Theory (Norton, 2011) → Théorie de la régulation autonome : le nerf vague comme médiateur entre sécurité, lien social et immobilisation protectrice.

·       Peter A. Levine — In an Unspoken Voice: How the Body Releases Trauma and Restores Goodness (North Atlantic Books, 2010) → Ouvrage de référence sur la sortie du gel somatique et la restauration de la vitalité.

·       Bessel van der Kolk — Le corps n’oublie rien (Albin Michel, 2018) → Les bases neuroscientifiques du trauma et la nécessité d’intégrer le corps dans la guérison psychique.

·       Gabor Maté — Quand le corps dit non. Le stress qui nous guérit et celui qui nous tue (Les Arènes, 2017) → Analyse des liens entre stress chronique, inhibition émotionnelle et maladies psychosomatiques.Montre comment le refoulement affectif prolonge les effets du trauma dans le corps.

. Dan J. Siegel — Mindsight – Le pouvoir de changement

Une introduction accessible à la notion d’intégration neuronale et de flexibilité psychique, au cœur du rétablissement après le trauma.


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