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La fonction régulatrice des émotions : comprendre plutôt que contrôler

  • Bénédicte Dussy
  • 11 nov.
  • 3 min de lecture

Réhabiliter la fonction psychique des émotions.

Dans notre culture, les émotions sont souvent considérées comme des signes d’instabilité ou d’immaturité.Cette vision réductrice conduit de nombreuses personnes à tenter de les contrôler, les rationaliser, voire les anesthésier.Or, d’un point de vue psychique, l’émotion n’est pas un obstacle à la pensée : elle en constitue le socle.

L’émotion est un phénomène d’autorégulation. Elle informe sur l’état de l’organisme, les besoins du sujet et la qualité du lien à l’environnement.La compréhension de ce rôle régulateur change radicalement la manière d’envisager la santé psychique.


L’émotion comme signal du système nerveux et du psychisme.

L’émotion émerge d’une interaction entre le système limbique, siège du traitement émotionnel, et le cortex préfrontal, chargé de l’élaboration cognitive.Elle n’est donc pas l’opposé de la raison, mais une donnée que la conscience peut interpréter.

Chaque émotion correspond à une variation physiologique :

  • La peur active le système sympathique pour préparer à la protection.

  • La colère mobilise l’énergie nécessaire à la défense des limites.

  • La tristesse favorise le repli et la réparation.

  • La joie signale une intégration harmonieuse entre besoin et réalité.

Ignorer ces signaux, c’est priver le système psychique d’informations vitales pour l’adaptation et la cohérence interne.

 

Les effets du refoulement émotionnel.

Lorsque l’expression émotionnelle a été empêchée dans l’enfance par peur du jugement, par nécessité d’adaptation ou par imitation d’un environnement déconnecté du sensible, le sujet apprend à désinvestir la dimension affective de son expérience.

Ce refoulement crée une dissociation entre perception, ressenti et action. Le corps devient alors le lieu de compensation : somatisations, hypercontrôle, tensions chroniques, ou au contraire apathie et perte d’élan.

L’anesthésie émotionnelle n’est pas une absence de ressenti mais une stratégie de survie devenue dysfonctionnelle. Elle maintient le sujet dans un mode de fonctionnement rationnellement efficace mais affectivement appauvri.


Le travail thérapeutique : de la maîtrise à la compréhension.

Le travail thérapeutique vise à restaurer la continuité entre le vécu corporel, émotionnel et symbolique. Les approches intégratives, qu’elles mobilisent la PNL, l’hypnose éricksonienne ou la lecture analytique, permettent d’explorer le sens implicite de chaque réaction émotionnelle.

Il ne s’agit pas de “gérer” ses émotions, mais d’en comprendre la logique adaptative. Chaque émotion a une raison d’être dans l’économie psychique. Lorsqu’elle est reconnue, elle peut se transformer et libérer son potentiel d’ajustement.

 

Réhabiliter la dimension affective dans la pensée.

L’équilibre psychique ne dépend pas de l’absence d’émotion mais de la capacité à les intégrer dans le processus de pensée. Les neurosciences affectives confirment que la décision, la mémoire et la régulation sociale reposent sur la coopération entre cognition et affect.

Ressentir, c’est penser avec le corps. La réhabilitation du sensible n’est donc pas un retour à l’irrationnel mais une forme plus complète de lucidité.


L’émotion comme opérateur de régulation du vivant.

L’émotion est une donnée fondamentale du vivant psychique. Elle assure la régulation entre le monde interne et le monde externe. La comprendre plutôt que la juger permet de retrouver une stabilité plus authentique : celle d’un sujet capable d’écouter ce qui se manifeste en lui sans s’y confondre.

Réintégrer la dimension émotionnelle n’est pas un signe de fragilité, mais un acte de maturité psychique.


Pour aller plus loin :

Ces auteurs ont largement inspiré ma réflexion sur le rôle régulateur des émotions et la compréhension intégrative du psychisme :

  • Antonio Damasio — L’erreur de Descartes : les émotions comme base de la pensée.

  • Dan Siegel — The Developing Mind : comment le cerveau s’organise par la régulation affective.

  • Peter Levine — Réveiller le tigre : le corps comme voie de libération du trauma.

  • Alice Miller — Le drame de l’enfant doué : comprendre le déni émotionnel et ses effets identitaires.

  • Donald Winnicott — Jeu et réalité : le vrai self et la capacité à être en lien.


Bénédicte Dussy

 
 
 

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